L'expansion de la surveillance urbaine

Les villes canadiennes installent de plus en plus de caméras de surveillance dans les espaces publics. S'ajoutent les systèmes de lecture automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) qui enregistrent les déplacements des véhicules. Ces technologies créent une infrastructure de surveillance massive qui suit vos mouvements quotidiens.

Systèmes ALPR: comment ils fonctionnent

Les systèmes ALPR utilisent des caméras haute résolution et la reconnaissance optique de caractères pour lire automatiquement les plaques d'immatriculation. Ils enregistrent: la plaque, la date et l'heure, la localisation GPS précise, et souvent des photos du véhicule et des occupants. Ces données peuvent être conservées pendant des années et partagées entre agences.

Reconnaissance faciale dans les lieux publics

La reconnaissance faciale commence à être déployée dans certaines villes canadiennes. Risques: identification automatique dans la foule, création de bases de données de mouvements, potentiel de discrimination algorithmique, et surveillance sans mandat. Au Québec, la Loi 25 impose des restrictions strictes sur la biométrie, mais l'application reste un défi.

Être surveillé constamment dans les espaces publics érode notre droit fondamental à la vie privée et à la liberté de mouvement.

Qui a accès à ces données?

Les forces de l'ordre ont généralement accès direct aux flux de caméras et aux bases de données ALPR. Inquiétant: certaines villes vendent ou partagent ces données avec des entreprises privées, les systèmes peuvent être piratés par des acteurs malveillants, et peu de transparence sur la conservation et l'utilisation des données. Les demandes d'accès citoyennes se heurtent souvent à des refus pour 'raisons de sécurité'.

Limites légales au Canada

La surveillance doit respecter la Charte canadienne des droits et libertés. Les tribunaux ont établi que: la surveillance vidéo dans l'espace public est généralement permise, mais la surveillance prolongée ciblée peut nécessiter un mandat, la biométrie est plus restrictive sous la Loi 25 (Québec) et la LPRPDE, et les citoyens ont le droit de savoir comment ils sont surveillés. Plusieurs villes ont adopté des politiques limitant l'usage de la reconnaissance faciale.

Se protéger de la surveillance urbaine

Protections pratiques: variez vos itinéraires régulièrement, utilisez les transports en commun (moins de traçage ALPR), portez des lunettes et chapeaux pour compliquer la reconnaissance faciale, couvrez temporairement votre plaque dans les parkings privés (légal si le véhicule n'est pas sur la voie publique), et utilisez des applications comme CamOver pour cartographier les caméras. Impliquez-vous dans les débats municipaux sur la surveillance.